Coups de coeurs

Bastard Battle

Céline MINARD-Edition Tristram 2013.(texte de 2008)

 

« Mais qui peut dire où commence l’histoyre monseigneur ? On sait à peine où elle finit. (…) Pour Tartas, Régnier de Montigny, Oudinet, Pierrot, Fagotin, Akira, Perrinot Le Petit, dit Boichotte, Le Grand Bercoul, Hermonin le Normand et les aultres, dont la corde et le bouilli a réglé les comptes, pour ce salopiau de Bourdeau qui les a tous escornés, on croit l’histoyre entendue, bien dicte et défaicte, mais la mémoire ne m’a point tari, le vent n’emporte que les os. Je suis là. Ouvre ce bréviaire monseigneur, belle dame. »

 

Ainsi ce texte très court, d’une centaine de pages, nous narre l’histoire de la résistance d’une bande de guerrier, soldats de fortune, qui à la fin de la guerre de cent ans, s’unissent pour contrer les méfaits du Bastard de Bourbon sur la ville de Chaumont.

Il faut dire que les bandes de pillards rodent partout en ces temps troublés, et qui peut dire qui est armée régulière ou voleurs. Alors sept compagnons, dont le narrateur, Spencer Five, roi de la barrique, décident un jour que le mal est de trop et que les armes ne sont pas toujours du même côté.  Ces sept samouraïs dépenaillés vont résister et entraîner toute la ville à se battre, quitte à y laisser des plumes et du sang. Pour cela, cours express de kung-Fu, de maniement du sabre,  de la savate et du bâton. Ah, et n’oublions pas les ripailles et beuveries, après tout, il faut prendre son plaisir tant qu’il est temps.

Ainsi, Céline Minard, nous entraine dans une histoire au langage rabelaisien aux rebondissements très Manga. Ce mixte est savoureux, se lit comme on déguste une glace, en s’en mettant plein la bouche et plein la tête. Anachronismes et vieux français se marient vachement bien et on ne lâche pas ce petit bouquin pendant l’heure que prend la lecture.

Si vous aimez les histoires de batailles, de sabres, de petits poucets bien vicelards, et les mots malaxés, réinventés, lisez Bastard Battle. Jubilatoire et échevelé !

« Nous bûmes largement et pleine panse étirée. —Et que crêve nos ennemys !—Akira, qu’est-ce qu’un rônin ? —un samouraï sans maistre—Comme nous austres ! —Pareil au même ! —Item et j’en suis ! »

 

Valérie