ChroniquesCoups de coeurs

Une triste nouvelle, Un hommage à ma mesure

Le 18 juillet 2019, un incendie criminel a fait des ravages dans les locaux de Kyoto Animation, fauchant 34 vies et faisant 35 blessés parmi les employés du studio.

C’est un vrai drame humain, mais, même si ça peut sembler dérisoire vu le nombre de vies gâchées, c’est aussi un désastre matériel et culturel car ils ont perdu une énorme partie de leurs archives et des projets en court, certaines des œuvres qu’ils ont édité n’existent aujourd’hui que dans les DVDs qui sont en circulation dans les magasins (ou sur le net de façon plus ou moins légale).

Une fois n’est pas coutume, je veux rendre hommage aux victimes de cette triste affaire, adresser mon soutien à leurs familles. Je ne dirai rien sur le criminel et ses raisons, je ne connais pas tous les détails.

Mais ce dont je peux vous parler, c’est des œuvres qui ont été éditées par Kyo Ani qui ont abreuvé le féru d’animes que je suis.

Petite précision : à partir de ce point le pathos est passé, ça aurait d’ailleurs été très dur de rester dans ce registre vu certaines œuvres dont je vais parler.

Full Metal Panic!

                                          

 

Adapté de la série de light novels  (comprendre roman ado) écrite par Shoji Gato et illustrée par Shikidoji.

Chidori Kaname est une lycéenne belle, intelligente, caractérielle, mais elle a aussi un « potentiel » qui pourrait lui permettre d’accéder facilement à de nombreuses informations et ainsi faire fonctionner certaines des nouvelles technologies militaires sans aucune formation. Et elle l’ignore… jusqu’au jour où un groupe terroriste essaye de la kidnapper pour profiter de son don. Elle est alors secouru par Sagara Sousuke, un jeune agent d’une société paramilitaire spécialisée en contre-terrorisme. Sousuke est chargé de protéger Kaname et va devoir se faire passer pour un lycéen normal alors qu’il n’a jamais vécu autrement que comme un mercenaire depuis sa pus tendre enfance.

Pour préciser un point, Kyoto Animation n’a eu en charge que la deuxième et troisième saison de l’anime (respectivement Full Metal Panic? Fumoffu et Full Metal Panic! The Second Raid), chacune  adaptant un tome des light novels.

Full Metal Panic! est une série qui alterne des scènes d’action énergiques, soit en combat de corps-à-corps, soit de gunfight, soit d’affrontement de robots géants, ce qui permet de cocher la case Mecha (pour les plus vieux, pensez Goldorak, pour les moins plus vieux, Gundam, et pour les plus jeunes… à part Pacific Rim je ne vois rien de très marquant dans ce genre)… où en étais-je ?

Ah oui… une série qui alterne des scènes d’action et des instants de tranche de vie souvent comiques à cause du comportement de Sosuke qui est en décalage entre son rôle de pseudo-lycéen et ses réflexes de mercenaire surentraîné.

La Mélancolie de Suzumiya Haruhi (Suzumiya Haruhi no Yuuutsu)

Là on attaque du lourd, du très lourd. S’il n’y en a qu’un à voir, c’est celui-là.

Adapté de la série de light novels écrite par Nagaru Tanigawa et illustrée par Noizi Ito.

Suzumiya Haruhi est une lycéenne… attendez, avant une chose à savoir : au moins 75% des mangas/animes/light novel qui se passe dans un cadre de départ réaliste pourrait commencer par cette phrase : « Machin·e·s est·sont un·e·des lycéen·ne·s… ».

 

Reprenons. Suzumiya Haruhi est une lycéenne mignonne, intelligente, elle a des bonnes notes et est douée en sport, et elle est folle. Elle refuse tout lien social avec les autres car elle n’est intéressé que par les extra-terrestres, les voyageurs temporelles, les gens aux pouvoirs psychiques et autres bizarreries surnaturelles.

Mais surtout Suzumiya Haruhi est un cauchemar pour un de ses camarades de classe, notre narrateur, Kyon (ce pauvre garçon doit subir ce surnom dont sa grand-mère l’a affublé et on ne saura jamais son vrai nom).

Après une discussion entre Haruhi et Kyon lors de laquelle ce dernier décrypte une de ses bizarreries, l’héroïne éponyme l’embarque dans la salle du club de littérature qu’elle réquisitionne pour les réunions de la Brigade de Suzumiya Haruhi pour Offrir au monde des Sensations fortes,  ou SOS Brigade en abrégé, dont elle est la capitaine autoproclamée et va commencer à enrôler de forces d’autres personnes du lycée :

-Kyon pour commencer

-Nagato Yuki, fille discrète et unique membre du club de littérature

-Asahina Mikuru, fille mignonne kidnappée par Haruhi qui sera désignée par cette dernière comme mascotte pour la brigade à cause de son puissant moe (la seule traduction possible pourrait être »caractère attendrissant et charmant d’un personnage, souvent féminin »)

-Itsuki Koizumi, garçon jovial nouvellement arrivé dans le lycée, ce qui est bizarre et mystérieux aux yeux de la capitaine de brigade

Et si la personnalité excentrique et autoritaire d’Haruhi ne suffisait pas, Kyon apprendra qu’elle est présumée être la cause d’une faille dans le continuum espace-temps par différents groupes (sociétés du futur, entités extraterrestres, agences paranormales,…) et qu’elle pourrait avoir le pouvoir de modifier, voire de détruire, la réalité selon ses désirs de manière inconsciente.

Et je n’en dis pas plus car on rentre dans la zone spoiler et ça serait dommage.

J’adore cette série qui peut être considérée comme un classique de l’animation, et c’est un miracle que ça ait eu du succès car la première version de la saison 1 était présentée dans un ordre non-chronologique qui pouvait nuire à la compréhension, chose modifiée avec les versions plus actuelles.

Cette série a 2 saisons, une série spin-off comique complètement barrée en mini-épisodes qui s’appelle Suzumiya Haruhi-chan no Yuutsu (qui, je crois, est traduit La mélancolie de la petite Suzumiya Haruhi), un film La disparition de Suzumiya Haruhi (Suzumiya Haruhi no Shoushitsu).

Il y a aussi une série se situant dans une timeline alternative, animée non plus chez Kyo Ani mais chez Satelight, se nommant La disparition de Nagato Yuki (Nagato Yuki-chan no Shoushitsu) qui part sur une situation évoquée dans le film mais permet d’explorer les personnages sous un autre angle (par exemple :Yuki est le personnage principal de la série) et dans un genre qui tient plus de la romance que du fantastique de la série originale, avec une bande-son dans laquelle on trouve du Ravel et du Debussy.

Pour le plaisir, jetez une oreille, ce morceau me fout toujours la pêche :

https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=WWB01IuMvzA

Lucky☆Star

Adapté du manga yonkoma (manga en 4 cases, équivalent du comic strip américain) créé par Yoshimizu Kagami.

Cette série humoristique de tranche de vie n’a pas vraiment de scénario, il s’agit d’une suite de sketchs plus ou moins longs (ça vient du format d’origine).

On y suit 4 lycéennes dont Izumi Konata, une fille qui ne voit le monde que par le prisme de ses passions : les mangas, les animes et les jeux vidéo.

C’est une otaku (la version japonaise du geek). C’est même l’otaku ultime. Que dis-je, c’est la reine des otakus ! (sur le Net de la réalité véritable)

Les autres filles ont un profil plus commun, ce qui renforce le décalage de Konata.

Cet anime fait souvent des références à d’autres œuvres souvent par le biais de Konata et tout particulièrement dans le générique de fin qui est en fait une scène filée où les filles sont dans un karaoke et chante des génériques de séries ou d’animes.

Et il faut que je précise que la seiyuu (actrice vocale) de Konata est Hirano Aya et que son interprétation de Konata est géniale (surtout dans sa version karaoke du générique de Dragon Ball Z, pas que ça soit spécialement agréable à écouter mais elle est à fond dans le rôle, voir plus bas), mais c’est aussi la seiyuu qui a interprété Suzumiya Haruhi et c’est toujours particulier d’entendre un acteur vocal joué un personnage qui imite un autre personnage qu’il a joué.

Et donc je suis sympa, je vous permet de comparer sa façon de chanter en interprétant Haruhi (voir lien en fin du paragraphe sur Suzumiya Haruhi) et en interprétant Konata (voir lien suivant).

https://www.youtube.com/watch?v=cLalr_UNX8Y

Cette série est composée de 24 épisodes et d’un OAV (comprendre « épisode bonus »). Il y a aussi un spin-off nommé Miyakawa-ke no kuufuku en mini-épisode mais qui, je trouve, tourne vite en rond.

K-ON!

Adaptation du manga yonkoma de Kakifly.

Si vous cherchez une série virile et poilue avec de l’action, des flingues et des explosions, passez votre chemin.

K-ON! raconte l’histoire des membres d’un club de musique dans un lycée pour filles, même si elles passent plus de temps à papoter en buvant le thé et en mangeant des gâteaux qu’à faire de la musique.

Il n’y a pas de grandes intrigues ou de drames insoutenables, juste des scènes de la vie quotidienne. Mais c’est comme regarder des vidéos de chats sur Youtube, c’est mignon, c’est drôle, ça fait sourire, ça nettoie le cerveau de la grisaille.

Et musicalement ça se défend plutôt, il y a une différence entre les musiques diégétiques (qui sont internes à la fiction, au récit, donc celles que les personnages jouent) qui correspondent à l’ambiance de la série et les musiques des génériques de fin qui, bien qu’interprétées par les seiyuus et mis en scène comme des clips du groupe des personnages, sont bien plus rock, et en ce qui me concerne j’aime bien, j’irai même jusqu’à dire que je trouve ça meilleur que bien des choses qui passent à la radio.

L’animation n’est pas paresseuse, dans les scènes musicales, les positions de doigt sur le manche des guitare ou les touches des claviers correspondent à ce qui est joué, et ça c’est assez rare pour le souligner.

Cet anime comporte 2 saisons, un OAV et un film.

Allez, pour la peine, une petite dose de diégèse :

https://www.youtube.com/watch?v=gRpuCELnfCg

Nichijou

Adapté du manga de Arawi Keiichi

Série à l’humour décalé servi par une animation aux petits oignons, Nichijou présente en premier lieu deux trames :

-les histoires de 3 lycéennes, de leur camarades de classe et de leurs professeurs, le tout formant une galerie de personnages déjantés : le garçon qui vient au collège à dos de chèvre, celui qui tente de résoudre le problème de ses cheveux qui ne poussent qu’en iroquoise à son grand dam, la fille capable de faire apparaître tout une panoplie d’armes lourdes (gaitling, bazooka, lance-missiles,…) de nulle-part, le vieux proviseur qui subit les mauvaises plaisanteries du proviseur-adjoint,….

-la vie quotidienne Nano, robot à l’apparence d’une adolescente, si on exclut la clé de 30cm de diamètre dans le dos et la tendance qu’ont ses bras à se détacher, crée par la Professeure, fillette de 8 ans qui aime les requins et ne pense qu’à son prochain goûter. Les deux vivent avec Sakamoto, un chat qui peut parler grâce à un foulard créé par la Professeure.

Les situations comiques de cette série vont du rocambolesque au what-the-f**k-esque, voire même au-delà. A consommer sans modération si vous ne craignez pas de perdre quelque points de santé mentale.

26 épisodes et un OAV

Hyouka

Adapté du light novel de Yonezawa Honobu.

Oreki Hotaru est un lycéen qui vit selon un code simple : « Je ne fais pas ce que je ne suis pas obligé de faire et ce que je dois faire, je le fais vite »

Mais lorsqu’il doit faire face aux grands yeux emplis de curiosité de Chitanda Eru, il ne peut que mettre au service de sa camarade sa redoutable capacité de déduction. Il sera donc amené au long de la série à résoudre des mystères tel un Poirot ou un Holmes de lycée (sans moustache ni cocaïne).

J’ai vu cet anime il y a un moment mais j’en ai un bon souvenir, il faudrait que je le revois pour infirmer ou confirmer mon avis premier.

Cet anime se compose de 22 épisodes et un OAV.

A Silent Voice (Koe no katachi)

Film d’animation adaptant le manga de Oima Yoshitoki

Ishida Shoya est un lycéen qui a prévu de se suicider.

 

Mais avant, il veut revoir une dernière fois Nishimiya Shoko, la fille qu’il harcelait à l’école à cause de sa surdité pour s’excuser.

Une histoire sur le handicap (et surtout la discrimination ordinaire qui a cours au Japon mais pas que), la rédemption, l’acceptation de soi-même et des autres.

La seule œuvre de la liste pour laquelle j’avais lu la version originale avant de voir le film, c’est une bonne adaptation. C’est d’ailleurs assez ironique pour une œuvre sur la surdité d’avoir une bande-son aussi sympa.

 

 

Miss Kobayashi’s Dragon Maid (Kobayashi-san Chi no MaiDragon)

Adapté du manga de Coolkyoushinja

Kobayashi est une….je vous laisse deviner….. alors ? PERDU C’EST UNE EMPLOYÉE DE BUREAU !!!

Pardon je me suis un peu emballé.

Un matin, se réveillant avec une gueule de bois carabinée suite à une soirée trop arrosée, Kobayashi sort de chez elle pour aller bosser et, sur le palier de son appartement tombe nez à nez avec un dragon.

Après s’être transformé en jeune fille en tenue de soubrette, Toru/Thor, car c’est son nom, explique que dans son ébriété Kobayashi l’avait tiré d’un mauvais pas et qu’elle est venu se mettre à son service en tant que servante.

C’est le point de départ de cette série délirante dans laquelle plusieurs dragons, êtres mythologiques à la puissance magique et physique phénoménale, aux mœurs étranges et aux tendances destructrices, vont s’immiscer dans la vie d’humains.

La série est composée à ce jour d’une saison de 13 épisodes et d’un OAV. Une deuxième était prévue courant 2020 mais avec les événements, il se peut qu’elle soit repoussée.

Pendant la rédaction de ces présentations, je me suis replongé dans certaines de ces œuvres. Avant même d’apprendre la tragique nouvelle, je me refaisais déjà l’intégrale de K-on, puis j’ai enchaîné Lucky Star, Suzumiya Haruhi et Nichijou. Et je me suis toujours autant régalé. Donc si vous avez l’occasion, je vous invite fortement à y jeter un coup d’œil.

Arthur